Pratique

Créer son entreprise : quel budget prévoir ?

De plus en plus de salariés souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat. Envie de créer son propre projet, d'une plus grande liberté, de choisir sa vie sans la subir... : les raisons ne manquent pas.
Pour certains, il s'agira simplement de s'enregistrer en tant que micro-entrepreneurs pour exercer une activité freelance, parfois en parallèle du salariat.
Pour d'autres, il s'agira de créer une véritable structure d'entreprise, associée à une comptabilité plus complexe, pouvant prendre la forme d'une Société à responsabilité limitée (SARL), d'une Société par actions simplifiée (SAS) ou encore d'une Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).
Selon les cas, les budgets à prévoir ne sont pas les mêmes.

Statut d’auto-entrepreneur : prévoyez votre budget des premiers mois

Si vous souhaitez créer votre « micro-entreprise », c'est-à-dire vous enregistrer sous un statut d'auto-entrepreneur, les démarches sont relativement simples et comportent un avantage de taille : vous n'aurez pas besoin de capital d'amorçage pour apporter des fonds propres à votre structure. Cependant, la loi exige depuis 2015 que vous ayez un compte en banque d'auto-entrepreneur séparé de votre compte personnel. Ce compte n'a pas besoin d'être abondé pour démarrer votre activité, mais peut avoir un coût.

Question budget, vous devez donc simplement anticiper vos dépenses quotidiennes des prochains mois (logement, repas, etc) pour assurer votre train de vie avant de percevoir vos premiers revenus. Par sécurité, prévoyez donc de mobiliser une épargne correspondant à 3 ou 6 mois de dépenses. Anticipez également les éventuelles charges professionnelles : frais bancaires, assurances professionnelles, fournitures, abonnements, etc. De plus, si votre activité est dépendante de fournisseurs, prévoyez également dans votre budget de quoi les payer pendant 3 à 6 mois.

Si vous n'avez pas suffisamment d'épargne liquide pour y faire face, alors débloquez votre épargne salariale, de manière totale ou partielle. Rien ne presse : vous avez 6 mois, à partir de l'enregistrement de votre nouveau statut, pour faire votre demande de déblocage.

SARL, SAS, SASU : calibrez votre budget selon votre situation et votre activité

Lorsque vous créez une véritable structure d'entreprise, quelle que soit sa forme, il vous est nécessaire de réaliser un apport initial pour constituer des fonds propres. En théorie, ce capital peut n'être que d'1€, mais il est généralement préférable de démarrer avec un capital plus confortable, d'au moins 1.000€. Certaines activités nécessitent des fonds propres plus élevés, comme le transport de marchandises (1.800€ minimum). Pensez à vérifier s'il existe un montant minimal au démarrage de votre activité. La procédure de création et d'enregistrement a également un coût : quelques centaines d'euros seulement, mais qu'il faut anticiper. De même, vous devrez entrer en lien avec un cabinet comptable pour faire valider vos comptes annuels : comptez cette fois aux alentours de 3.000€ par an.

Si vous avez pu quitter votre précédent poste avec une rupture conventionnelle, vous bénéficiez des allocations chômage pour une durée maximale de deux ans. Ces aides permettent généralement de couvrir la quasi-totalité de vos besoins financiers pendant la période de démarrage de votre activité. Les charges de votre entreprise (comptabilité, dépenses, etc.) peuvent quant à elles être couvertes par vos premiers mois de chiffre d'affaires si vous n'avez pas de lourds investissements initiaux à réaliser. Dans cette situation, vous n'avez pas forcément besoin de puiser dans votre épargne personnelle, ni de débloquer votre épargne salariale. De nombreux entrepreneurs commencent ainsi par accumuler deux années de recettes sur leur compte en banque d'entreprise, sans se verser de salaire, en bénéficiant en parallèle des allocations chômage pour démarrer dans de bonnes conditions.

Si vous n'avez pas pu bénéficier d'une rupture conventionnelle, car vous avez simplement démissionné de votre poste, vous ne percevrez pas d’allocations chômage. Dans ce cas, votre épargne personnelle devra être mobilisée pour couvrir vos frais personnels (comme dans le cas d'un auto-entrepreneur) et réaliser votre apport initial pour constituer les fonds propres de votre société. Dans ce cas, il est possible de débloquer votre épargne salariale pour couvrir ces dépenses.

Notez enfin que dans le cas d'une activité commerciale, impliquant l'acquisition d'un fonds de commerce et des travaux d'aménagement de votre boutique, le recours à un crédit bancaire est généralement indispensable. Bien que vos coûts soient alors financés par ce crédit, la banque peut vous demander d'augmenter votre apport initial pour renforcer vos fonds propres, par exemple pour monter à 5.000 ou 10.000€ de capital. Dans ce cas, même si vous bénéficiez d'allocations chômage en parallèle, il peut être utile de débloquer votre épargne salariale pour faire face à ces exigences.

L'épargne salariale au service de la création d'entreprise

Créer son entreprise permet de débloquer son épargne salariale pour bénéficier d'un capital d'amorçage. En effet, les événements suivants permettent de débloquer votre épargne salariale par anticipation :

  • Création ou reprise d’une entreprise industrielle, commerciale, artisanale ou agricole.
  • Installation d’une activité non salariée.
  • Acquisition de parts sociales d’une Société Coopérative de Production (SCOP).
  • Micro-entreprise.

Ce cas de déblocage est applicable pour le titulaire du compte mais également pour son conjoint (lié par un PACS ou mariage) ou ses enfants majeurs. L'entreprise doit être créée sur le territoire français ou dans l'un des pays membre de l'Union Européenne. Vous devez exercer effectivement le contrôle de la société tel que décrit dans l'article R. 5141-2 (1° et 2°) du Code du Travail.

Notez cependant que vous ne pourrez pas demander le déblocage si votre entreprise est créée en dehors de l'Union Européenne ou pour la création d'une entreprise par votre concubin(e) (ni PACSé(e) ou marié(e)). De même, le rachat de part d'une société dont vous exercez le contrôle n'est pas considéré au yeux de la loi comme une création d'entreprise et ne peut donc motiver une demande de retrait anticipé.

Les pièces à fournir

Votre dossier de demande de déblocage devra comprendre :

  • Un justificatif d'identité en cours de validité (Carte nationale d'identité, permis de conduire nouveau format ou passeport signe)
  • Une attestation sur l’honneur précisant que "...les sommes débloquées serviront au financement de l’opération ou seront retournées à défaut".
  • Pour une entreprise déjà créée ou reprise :
    • Extrait KBIS ou récépissé d’inscription au RCS ou au répertoire des métiers
    • Et, copie des statuts définitifs signés ou dans le cas d’une reprise, la copie des statuts modifiés signés.
  • Pour une entreprise en cours de création ou de reprise :
    • Récépissé de dépôt au CFE.
    • Et copie des projets de statuts ou dans le cas d’une reprise, la copie des projets de statuts modifiés.
    • Et déclaration sur l’honneur précisant que le KBIS sera envoyé à la création officielle de l’entreprise.
  • Pour une auto-entreprise :
    • Récépissé INSEE délivrant un numéro SIREN.
    • Ou copie de l'immatriculation SIREN.
    • Ou l’attestation sociale de régime micro social.
  • Pour l'acquisition de parts de SCOP (l’exercice du contrôle n’est pas nécessaire) :
    • La copie de l'attestation de souscription délivrée par la coopérative.
    • Si la demande concerne l’enfant, joindre une copie du livret de famille.
    • Si la demande concerne le conjoint, joindre une copie du livret de famille ou l’extrait d’acte de naissance citant le PACS.

Conditions et dates d’événements :

La date d’événement est différente en fonction de la situation :

  • Date de début d’activité ou d’immatriculation au RCS ou d’inscription à un ordre professionnel
  • Ou date de cession du fonds de commerce, des parts ou actions reprises
  • Ou date de l’attestation sur l’honneur si l’opération est en cours de réalisation

La demande doit être parvenue dans les 6 mois à compter de cette date.

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