Dossier

Qu'est ce que l'Investissement Socialement Responsable ?

Publié le 16/10/2013

Catégorie : Gestion

L'Investissement Socialement Responsable (ISR) est un mode de gestion. Le gérant du fonds va sélectionner des valeurs dans lesquelles il peut potentiellement investir en tenant compte des critères environnementaux, sociaux, sociétaux et de gouvernance en plus des critères de performance classiques. Un bon moyen d'associer convictions et performances.

Question 1 : Sylvie de Pange, l'investissement socialement responsable se développe actuellement et rencontre un vif succès auprès des épargnants. Quelles sont les raisons de ce succès croissant ?

SDP : Les raisons de ce succès viennent essentiellement de deux points : le premier, c'est que l'actualité ces dernières années a mis en évidence des accidents économiques, écologiques, sociaux qui ont frappé l'opinion publique. Deuxième chose, c'est que maintenant les entreprises cotées en Bourse ont l'obligation de communiquer sur leur comportement interne sur des sujets environnementaux, sociaux, sociétaux et de gouvernance. D'où la naissance de l'ISR et le fait qu'aujourd'hui l'ISR représente 20% des encours de l'épargne salariale.

Question 2 : Concrètement, qu'est-ce que l'ISR ?

SDP : L'ISR est un mode de gestion. Le gérant va sélectionner les valeurs dans lesquelles il peut potentiellement investir en prenant en compte, bien évidemment les critères financiers classiques, mais aussi les critères environnementaux, sociaux, sociétaux et de gouvernance. Si je prends un exemple : en matière d'environnement, le gérant va analyser le comportement de l'entreprise sur le recyclage des produits chimiques, par exemple, qu'elle utilise (dans le cas d'une entreprise à caractère industriel).

Si je prends un exemple en matière de comportement et d'étude du comportement social de l'entreprise, dès lors que cette entreprise est présente dans les pays en voie de développement, le gérant va analyser les conditions de travail mises en place par cette entreprise, dans ces pays où la législation est quasi inexistante. Enfin, d'un point de vue sociétal, on va analyser le comportement de l'entreprise par rapport à son environnement de proximité. C'est-à-dire que l'utilisation de la sous-traitance locale, l'utilisation des transports, etc.

Question 3 : Qu'apporte cette méthodologie en comparaison avec un mode de gestion plus classique ?

SDP : L'analyse des performances passées nous a montré deux choses : ces fonds sont beaucoup moins volatiles que les fonds classiques et beaucoup moins sujets aux aléas de marchés. Ils sont beaucoup plus sécuritaires pour la partie monétaire et obligataire puisqu'ils vont prêter à des sociétés ou des États qui sont beaucoup plus sûrs que les autres. Pour la partie actions, ces dernières années ont montré une sur-performance, par rapport aux fonds classiques, très nette

Question 4 : C'est donc une possibilité de créer de la valeur autre que financière ?

SDP : Tout à fait, simplement d'un point de vue communication, c'est vrai que l'épargnant, comme le consommateur est beaucoup plus sensible à une entreprise qui communique sur ces sujets. Je prends un exemple : si à côté de chez vous vous avez un supermarché qui communique sur le fait qu'il vende énormément de produits qui sont produits localement, ça a des impacts sur l'économie locale d'une part, mais en plus vous communiquez que ça réduit les transports. Donc moins de pollution, moins de coûts, etc. Cela induit une fidélisation chez le consommateur et en fidélisant, vous créez de la valeur puisque le consommateur va consommer plus ou va se diriger plus vers ce supermarché que vers un autre.